Recopier un texte et le reformuler avec ses propres mots n'ont pas le même effet sur la mémoire, même si le résultat final se ressemble. C'est ce qu'on appelle l'effet de génération, un phénomène bien documenté en psychologie cognitive.
L'effet de génération désigne le fait qu'une information produite ou reformulée par soi-même est en général mieux retenue qu'une information simplement lue ou recopiée à l'identique. Le mécanisme proposé est simple : reformuler oblige à traiter le sens du contenu, pas seulement sa forme, ce qui laisse une trace plus solide dans la mémoire.
En 2014, les chercheuses Pam Mueller (Princeton) et Daniel Oppenheimer (UCLA) publient dans la revue Psychological Science une étude comparant des étudiants qui prennent des notes à la main et d'autres sur ordinateur portable, en suivant les mêmes cours filmés. Résultat : les étudiants sur ordinateur, qui avaient tendance à transcrire les cours mot à mot, obtiennent de moins bons résultats aux questions conceptuelles que ceux qui ont pris des notes à la main.
L'explication avancée par les auteures n'est pas l'outil en lui-même, mais l'usage qui en est fait : taper vite permet de transcrire du texte presque verbatim, ce qui demande moins de traitement du sens qu'une reformulation. Une réplication publiée en 2019 dans Educational Psychology Review (Morehead, Dunlosky et Rawson) a nuancé ce résultat : l'écart entre les deux méthodes n'est pas systématique et dépend beaucoup des consignes données. Le point qui reste solide dans les deux études : c'est la reformulation, pas le support d'écriture, qui fait la différence.
Une frappe fluide et automatique ne va pas à l'encontre de cet effet : elle libère justement l'attention nécessaire pour reformuler activement, à condition de ne pas s'en servir pour transcrire plus vite mot à mot. Le vrai levier reste la méthode de prise de notes, détaillée pour chaque niveau scolaire dans le secondaire, la haute école et l'université.
C'est le fait de mieux retenir une information qu'on a produite ou reformulée soi-même, plutôt qu'une information simplement lue ou recopiée telle quelle.
Pas directement. L'étude Mueller et Oppenheimer (2014) montre surtout que taper vite pousse à transcrire mot à mot ; une réplication de 2019 a nuancé cet écart. C'est la reformulation qui compte, pas l'outil.
En résumant avec ses propres mots plutôt qu'en recopiant, en se posant des questions sur ce qu'on vient de lire, ou en expliquant une notion sans notes sous les yeux.
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